Exposition " Les années 40 " ou la vie quotidienne sous des régimes d'exception |
Du 8 mai 2005, date elle-même chargée dhistoire, au 15 janvier 2006, la Maison du Kochersberg a présenté une exposition consacrée à la vie quotidienne durant les années 1939-1949 en Alsace, et notamment dans le Kochersberg.
Depuis près dun quart de siècle, la Maison du Kochersberg présente, dans les locaux du musée de Truchtersheim, des expositions temporaires qui, au fil des années, ont été consacrées à plus de 50 thèmes, allant des arts et traditions populaires à des rétrospectives sur des événements historiques qui ont marqué la région.
Après les nombreuses célébrations et commémorations organisées, en France et ailleurs, à loccasion de la Libération du pays et de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la question sétait posée quant à lopportunité dune exposition sur ces années-là, alors que la région du Kochersberg na connu, heureusement, ni opérations militaires denvergure ni destructions massives.
Pourtant, comme on sait, lAlsace et la Moselle ont été annexées de fait au Reich hitlérien, et nont pas été simplement occupées par la Wehrmacht comme le reste de la France. Et ceci, sans accord international ! Les trois anciens départements ont subi rapidement une intense politique de germanisation et de nazification qui sest répercutée jusquau cur des familles.
Avec laide des derniers témoins, il semblait donc important de montrer, de façon concrète, la vie quotidienne durant cette période particulièrement douloureuse.
Bien sûr, cette exposition se refuse de faire une apologie du régime national-socialiste. Elle montre dailleurs les aspects pervers du totalitarisme mis en place en Alsace en juin 1940, quil sagisse de la répression policière, de la propagande mensongère, de la main mise sur la presse, de lembrigadement de la jeunesse ou de lincorporation de force des hommes dans larmée allemande. Mais, la vie quotidienne des années 40, cétait aussi les privations, les rationnements, le confort rudimentaire dans les maisons, les peurs, les angoisses, lattente du retour dun être cher, et parfois même lhumour malgré tout.
Un chemin de mémoire conduit le visiteur, de tableau en tableau, depuis lautomne 1939 marqué par lévacuation des populations civiles de lagglomération strasbourgeoise jusquaux lendemains de la Libération et le retour au régime français.
Pour les anciens, c'est un retour sur leurs années de jeunesse ; pour les jeunes daujourdhui et surtout les scolaires, ce devrait être un avertissement et un complément à leurs études à lécole ou au collège.
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Le Kochersberg, gîte d'étape des populations évacuées Les Strasbourgeois sur les routes de l'exil après l'évacuation de la ville en septembre 1939.
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La politique de germanisation et de nazification en Alsace.
Dès juin 1940, le premier noyau de la future Hitler-Jugend (mouvement de jeunesse) est constitué autour de Robert Ernst, nouveau Maire allemand nommé à Strasbourg.
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Les expéditions alimentaires des citadins dans le Kochersberg Déjà pendant la première guerre mondiale, les Strasbourgeois se mirent à entreprendre timidement de curieuses expéditions alimentaires dans les villages alentours. Le soir, lourdement chargés de provisions, ils regagnaient leur domicile, à l'époque sans trop de tracasseries, car la police tolérait ce marché parallèle qui faisait office de soupape de sécurité.
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Dans les années 40, cette pratique a été reprise et s'est développée aussi bien durant les hostilités qu'après l'Armistice de 1945. La Libération n'apporta pas l'abondance du jour au lendemain. Un service de rationnement alimentaire (Ernährungsamt) a été mis en place en juin 1940. Au départ, le rationnement concernait le pain, la viande et le sucre puis il a rapidement été étendu aux pâtes, matières grasses, farine et lait.
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La mainmise sur la jeunesse Comme dans le Alt-Reich, le parti national-socialiste a eu rapidement le souci dattirer à lui la jeunesse alsacienne en tissant une toile sur les garçons et les filles de tout âge. A lécole primaire (Volksschule), le nouveau régime scolaire a été introduit en septembre 1941. La politique mis en place transparaît à travers les livres de lecture mais également lalphabet.
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Le départ d'un Malgré-Nous A partir de 1942, de nombreux jeunes alsaciens ont été incorporés de force dans larmée allemande. On les appelait les Malgré-Nous. Le dernier est rentré le 13 avril 1955.
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Un confort rudimentaire Le charbon étant rationné, on faisait des réserves de bois et de briquettes pour faire fonctionner le poêle.
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Le café se faisait rare. Les grains
dorge remplaçaient les grains de café dans le torréfacteur !
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Dangers pour les populations civiles La prévention Dès 1936, Strasbourg fut invité à se doter dun service de défense passive : création dabris, sirènes,
. Mais en 1939, le plan savéra insuffisant. Après lannexion de fait, les nouvelles autorités allemandes introduirent en Alsace leur loi sur la défense passive. Rapidement, la ville disposa dabris efficaces (Luftschutzraum).
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Les empreintes du régime politique nazi dans la vie de tous les jours Les Dernières Nouvelles de Strasbourg deviennent les Strassburger Neueste Nachrichten dès le mois de juillet 1940. Le quotidien strasbourgeois, dirigé par des Allemands, était lécho de la politique de germanisation et de nazification menée en Alsace.
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Le régime nazi face aux religions Le régime nazi avait programmé la liquidation du christianisme après la guerre. De nombreuses mesures anti-religieuses ont été appliquées : suppression du concordat de 1802, surveillance des prêtres, suppression des processions, mise à lécart des objets dart sacré rappelant la France,
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Une très longue anxiété Le départ dun incorporé de force était toujours source dangoisse et danxiété. Tant que la Feldpost (Poste aux armées) parvenait à acheminer courriers et colis la confiance était là. Mais quand le facteur napportait rien, langoisse était de retour. Linquiétude poussait parfois les femmes à demander de laide aux radiesthésistes qui maniaient le pendule au dessus dune photo ou dun objet ayant appartenu au disparu pour donner de ses nouvelles.
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L'humour malgré tout Les années dannexion et de guerre nont pas fait disparaître un trait caractéristique de lâme alsacienne : lhumour. Au lendemain de la Libération, lhumour retrouve sa liberté dexpression. Dès 1945, des comédiens amateurs eurent envie de remonter sur les planches. Et, comble de laudace, à lépoque où fleurissaient partout les affichettes c'est chic de parler français, ces artistes eurent le courage de sexprimer en dialecte alsacien même sur les ondes de Radio-Strasbourg.
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La Libération Au matin du 23 novembre 1944, installé au château de Birkenwald, le Général Leclerc lança à ses troupes lordre dopérations pour la journée : « Prendre Strasbourg ». En fin de matinée, il fit une halte à Wiwersheim pour équiper les hommes de la 2è Division Blindée en plans de Strasbourg, fournis par un villageois.
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Lendemains de guerre Larmistice fut signé le 8 mai 1945. Ce jour-là, à partir de 15h00, les cloches de toutes les églises de notre région ont sonné pendant une heure. Mais tous les problèmes n'étaient pas réglés. Certes, les francs français firent leur retour dans les porte-monnaie alsaciens, mais les cartes dalimentation avaient toujours cours, il y avait pénurie dans tous les domaines : pour habiller les fillettes en costume alsacien au moment de la fête de la Libération, on nhésita pas à récupérer le tissu rouge du drapeau hitlérien pour y tailler les jupes des enfants. A lécole, après 4 années denseignement en allemand, le français fit sa rentrée. Cétait un départ à zéro pour beaucoup denfants. La langue alsacienne navait plus droit de cité dans les écoles et les administrations, mais elle fut mise à lhonneur par les poètes et les humoristes. Le 14 juillet 1946, Radio-Strasbourg enregistra une émission dans une ferme à Truchtersheim. A cette occasion, le futur cabarétier Germain Muller lança ses premières chansons en alsacien. Le succès fut immédiat.
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