Histoire de Willgottheim - Woellenheim |
Présentation de la commune...
La commune de Willgottheim-Woellenheim a été créée en 1972, lors de la fusion-association des deux localités dont les destins ont été, dans le passé, très différents.
Bien que le premier document mentionnant le village ne date que de lan 1100, on admet que le nom de celui-ci remonte à la période mérovingienne (vers lan 750 et que son fondateur serait issu dune tribu du grand peuple germanique
Au Moyen Age, Willgottheim fait partie du bailliage du Kochersberg qui est la propriété du prince-évêque de Strasbourg. Jusquen 1662, ce village est même le siège de cette circonscription territoriale qui sétend sur 27 villages catholiques, de Strasbourg jusquau-delà de Saverne. Le bailli venait y tenir ses réunions. Léglise, dédiée à St-Maurice, possède lun des plus beaux clochers du Kochersberg ; il a été construit vers 1170 et présente une remarquable décoration architecturale qui rappelle la façade de labbaye de Marmoutier. Pour faire face au développement démographique, les autorités locales réalisent en 1732 la reconstruction dune vaste nef et ornent le sanctuaire dun mobilier baroque (autels, chaire,
) de très belle facture.
Lannée 1682 marque, pour le village, le début dune longue période de prospérité et de prestige. Ladministration française y ouvre un Relais de poste où les diligences et autres voitures postales changent dattelage et repartent avec des chevaux frais jusquà Saverne (direction Paris) ou à Stutzheim (direction Strasbourg). Les deux relais de Willgottheim existent toujours : celui du haut, ancienne Auberge Au Pied de buf, a été restauré par son propriétaire ; celui du bas, avec un grand porche, est en cours de réaménagement. Des voyageurs célèbres ont ainsi transité par Willgottheim. Marie Lescinska, devenue Reine de France en épousant Louis XV, a passé la nuit du 17 août 1725 au Relais du haut. Marie-Antoinette lAutrichienne, future épouse du roi Louis XVI, alors âgée de 16 ans, a séjourné au Relais du bas en 1770 ; un banc de pierre rappelle le souvenir de cette visite.
Lépoque moderne na pas trop bouleversé le site merveilleux que lon découvre du haut des collines. Dans les années 1950, revenant de lune de ses promenades en calèche, Robert Redslob, ancien doyen de la Faculté de droit de Strasbourg, se disait « ébloui par le charmant tableau de Willgottheim », ajoutant : « Quel joli nom, Willgottheim ! La maison créée par la volonté de Dieu ».

Plus récemment, laction sociale de la municipalité sest traduite par la construction dune Maison de retraite pour personnes âgées. Le souci de sauvegarder le patrimoine immobilier a, dautre part, incité les élus à faire démonter une ancienne maison à colombage, datée de 1609, et à la faire reconstruire prochainement à lentrée du village.
Un nom étrange, connu sous la forme Uuolromodihaime et cité en lan 739, pourrait être la première dénomination de lactuel petit village de Woellenheim, qui fut, jusquà sa fusion avec Willgottheim, la plus petite commune du canton. Une mairie minuscule est toujours installée dans lancienne maison du berger communal. Léglise, qui remplace une ancienne chapelle médiévale, a été construite en 1871 à linitiative de trois familles du village, dont les fils sont rentrés sains et saufs de la guerre franco-prussienne de 1870.
Blotties contre la petite église, deux majestueuses fermes à colombage rappellent la vocation agricole de la localité. Avant la Révolution de 1789, elles appartenaient à labbaye de Grauthal. Lune, bel exemple des constructions du XVIIIème siècle, conserve un portail dentrée, comportant une porte cochère pour les chariots, et une porte piétonne surmontée dune niche sacrée où se trouvait jadis une statue de la Vierge. La vaste cour est fermée, sur trois côtés, par les bâtiments dexploitation, selon la disposition traditionnelle. On y accède par un passage couvert, soutenu par des poteaux en bois.
Au bord de la route principale, un curieux bassin représente une rare survivance des installations publiques existant dans les villages avant la construction des réseaux deau potable. Dun côté, le lavoir servait à laver le linge et constituait, pour les lavandières du village, un lieu très convivial où séchangeaient les nouvelles. De lautre côté, alimenté par la même source, le bain aux chevaux, accessible par une inclinaison pavée, permettait aux paysans de laver leurs chevaux, le dimanche matin, et parfois de sy baigner.
La laiterie locale répondait à un autre besoin des agriculteurs. Elle permettait de stocker provisoirement et de refroidir le lait de leur élevage. Avec sa fermeture vers 1960 et la collecte du lait par camions-citernes, disparut aussi un lieu de rencontre et de discussion des éleveurs locaux qui sy retrouvaient matin et soir.
|